Pierre Henry

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  • " Seul compte le déferlement magistral et les silences feutrés, l'architecture sonore et l'espace soudainement habité; comme si le monde, de l'infiniment petit à l'infiniment grand, se mettait à battre à des niveaux également audibles. "
    Extrait de l'article, Actuel.
    Date 1968
    Collection Textes
  • Tiré à part de Maurice Fleuret à l'occasion des SMIP au théâtre de la musique
    Date 1968
    Collection Textes
  • Texte publié dans la revue Réalités n°269 en juin 1968
    Date 1968
    Collection Textes
  • «Qu'elle choque ou agace, elle [cette œuvre] s'imposera cependant à tout auditeur sans idées préconçues, par la splendeur du texte, [...] ainsi que par l'interprétation de Jean Négroni, d'un simple, grandiose et authentique lyrisme, et par la force captivante de la musique. Les longues pédales graves et harmonieuses où se pose la méditation, les appels d'oiseaux mélancoliques, les concerts frénétiques de clochettes tibétaines, les nombreuses séquences visionnaires aussi superbes par le matériau que par l'invention rythmique et formelle, les cataclysmes évitant toute imitation primaire, les contrepoints, chœurs ou canons faits à partir de la voix de Négroni, les évocations d'une intense beauté, comme celle de Babylone, qui s'achève en une sorte de paroxysme imprécatoire, avant de céder la place à la nudité parfaite ces derniers mots du poème […]» 
    Extrait de l'article, Le Monde.
    Date 1969
    Collection Textes
  • Texte sur le verso de la pochette du LP Voile d’Orphée I et II / Entité / Spirale
    Date 1969
    Collection Textes
  • "Pour l'ouverture du Mai culturel de Malakoff, Pierre Henry a repris vendredi la formule du « concert au sol », inaugurée il y a deux ans et demi au SIGMA de Bordeaux. Dans l'immense gymnase René-Rousseau, aux courbes tendues en arcs vers une grande baie lumineuse, les auditeurs, très nombreux, sont assis ou couchés à même le sol, libres d'aller et venir au gré de leur écoute de ce monde sonore, pétri par une multitude de hautparleurs.
    Quelques timides essais de chahut sont promptement effacés par Gymkhana (création mondiale), admirable tapisserie sonore où l'on est pris d'emblée par 1'« espace temporel » de Pierre Henry : les percussions mystérieuses (celles de La Noire à soixante) tombent et résonnent dans le silence, les notes de flûte, de hautbois, s'éparpillent lentement ou bien se marient en des points d'orgue sans fin; et l'on est pris par le mouvement de ces constellations qui tournent lentement en des polyphonies de rythme asymétrique d'une subtilité et d'une force très neuves, même si la dernière séquence où s'échelonnent les tubas d'un contrepoint un peu trop serré parait plus contestable.
    On retrouvait ensuite la Messe de Liverpool, où le travail lettriste et la monotonie des psalmodies sépulcrales gardent un caractère trop volontaire qui cependant ne doit pas cacher une certaine force explosive du langage avec, dans ces dissections et éructations, comme une recherche de la violence originale du Kyrie grec ou du Sanctus juif.
    Enfin Ceremony III déployait son effrayante puissance sonore et les grandes incantations de Spooky Tooth, dégagées des interludes souvent interminables qui les noyaient à l'Olympia. Celles-ci prennent une force rituelle plus intense dans leur mariage de pop'music et d'expression religieuse spontanée, à la manière des spirituals, auquel les « procédés » et inventions électroniques de Pierre Henry donnent une frappe souvent admirable."
    Date 1970
    Collection Textes
  • "[...] On a connu des gymkhanas automobiles ou motocyclistes. Voici une gymkhana électroacoustique. A défaut d'être sportive, l'oeuvre de Pierre Henry qui porte ce titre est d'une adresse singulière dans la création, le choix et le montage des sons. Quelle adresse ne faut-il pas, comme dans tout le reste de sa production d'ailleurs, pour parvenir à transposer, à traduire et à composer, avec cette virtuosité et cette rareté de matière sonore, les suggestions jaillies d'une imagination aussi extraordinairement riche que la sienne !
    Le bombardement lointain se rapproche et se transforme, une pulsation profonde s'installe à laquelle vient se superposer la continuité de trompes étranges, d'abord sombres trompes tibétaines, puis trompes de brouillard, puis trompes d'or éclatantes de lumière. L'audition devient peu à peu hallucinante. Il semble que derrière les oeufs géants on perçoive le chant lointain de crapauds eux aussi géants. La pulsation rythmique s'approfondit avec ce sens de l'ostinato que Pierre Henry trouve jusque dans les rythmes irrationnels. Des langues de feu passent en sifflant comme des feux follets malicieux. Des insectes fabuleux traversent l'espace, fendent l'air dans un souffle dur en faisant claquer la mécanique de leurs articulations etc., je renonce à répertorier les images nées de cette étrange audition d'une oeuvre remarquable où, loin de s'abandonner à un délire confus, Pierre Henry fait preuve d'une maîtrise étonnante dans la conduite d'une imagination déchaînée. Je me demande soudain si, tout compte fait, ce ne serait pas cela la musique qui conviendrait à Lautréamont, musique que l'on a souvent cherchée et avec des fortunes diverses. Après le Voyage et l'Apocalypse de Jean, Gymkhana me parait être une des réussites poétiques les plus envoutantes de Pierre Henry."
    Extrait de l'article, Le Figaro littéraire.
    Date 1970
    Collection Textes
  • "[...]C'est une oeuvre sans la moindre complaisance, qui ne cherche pas une minute à plaire ou à envoûter par l'obstination dynamique. Dépouillée, rigoureuse, elle est un très bel exemple de ce qu'un maître dans l'art des sons électroniques peut construire. Economie de moyens et prodigieuse invention ; contrepoint de rythmes raffinés, complexes, sonorités très pures. [...]
    L'adresse de Pierre Henry, sa légèreté, sa maîtrise dans son travail sont éblouissantes. L'oeuvre est assez brève; bien qu'abstraite, elle a un rayonnement; la clarté des douze flûtes, des huit hautbois, la voix très grave, profonde, des cinq tubas, le jeu vigoureux ou feutré des sept tambours, ont ici une grande présence. On lit dans Gymkhana une démarche intérieure vers une ascèse. [...]"
    Extrait de l'article, Les Lettres françaises
    Date 1970
    Collection Textes
  • Critique de presse du concert couché du 8 mai 1970
    Date 1970
    Collection Textes
  • Sur Cérémony, 
    « Il élabore une grande célébration syncrétiste autour d’un groupe anglais de "Pop’music", les Spooky Tooth, qui chantent les textes anglais de la messe, mais s’inspire aussi bien des rites ou plutôt d’images asiatiques et africaines.[...] Certains morceaux sont parmi les plus forts qu’ait réalisés Pierre Henry ; [...] il a composé avec les Spooky Tooth quelques hymnes d’une puissance unanimiste et d’une violence d’expression bouleversantes tel cet Hosannah lancinant, puis jaillissant jusqu’au cri, prolongé ensuite à l’infini par un des effets les plus étonnants que puisse créer le magnétophone, celui de la voix libérée du souffle. »
    Date 1970
    Collection Textes
  • "La rencontre de Gary Wright, organiste et chanteur, et de Pierre Henry donne un document étonnant d’une convergence provoquée vers une architecture pop’music contemporaine. Ce qui étonne, c’est cette force incantatoire, cette montée progressive et violente des sons, jamais réalisée sur deux plans différents, dans deux directions, mais d’une même structure. Un jeu subtil de balancement crée un climat d’étrangeté. Cette Messe a quelque chose d’une messe noire, fête païenne qui n’est pas pour nous déplaire."
    Date 1970
    Collection Textes
  • "Parmi les compositeurs d’après-guerre, Pierre Henry est probablement le plus capable d’amener à se rejoindre la tradition, la recherche et les musiques modernes de divertissement ou d’excitation collective. "
    Extrait de l'article, Le Figaro
    Date 1970
    Collection Textes
  • Date 1970
    Collection Textes
  • "La célèbre révélation de Saint Jean [...] a trouvé en Pierre Henry un commentateur inspiré : pour traduire la grandeur visionnaire de ce texte et sa grâce terrible, la musique électronique offre plus d'avantages que l'orchestre traditionnel. Elle dispose aussitôt l'esprit à voir l'invisible et à entendre l'inouï.[...] L'ensemble présente beaucoup d'unité, de grandeur, une sorte d'horreur sacrée et produit une impression vive et originale."
    Extrait de l'article, Combat
    Date 1970
    Collection Textes
  • Texte inclus à l'intérieur de la pochette du LP Messe de Liverpool
    Date 1970
    Collection Textes
  • Date 1971
    Collection Textes
  • « Il y a des titres qui ne pardonnent pas. Trouvés sous un prétexte futile, par dissimulation d’auteur, ils ne cesseront plus, la vie durant, de lui jeter sa vérité à la figure.
    L’auteur, alors, pour tromper l’ennemi, fuir sa vengeance, se dédouble. L’un s’enferme, se concentre, en rajoute. L’autre s’enfuit, se disperse, donne le change. Le jeu, pourtant, en valait la chandelle, dans le disparate des règles, dans la confusion des valeurs : donne-moi ton piano, je te prêterai mes haut-parleurs. A la douane des conventions pourtant tenaces il y a vingt-cinq ans, s’étaient rencontrés deux complices, pour le troc des savoirs dérisoires, des traditions trahies : Messiaen contre Marconi, Danhauser contre Flechter, la Musique contre l’Acoustique. Le tout échangé à la dérobade, dans un remords mal défini, peu partagé : pour l’un l’effroi, pour l’autre, la revanche. Pour tous deux, l’aveu secret de l’irréparable.
    Que d’autres se gobergent : suiveurs en mal de computeurs, faux prédécesseurs, en panne de série. Que ceux-là bidulent les tristes festivals de leur admiration mutuelle. La même solitude, parfois innombrable, hante l’éternel refrain de notre amour-haine, de notre fatale passion de poursuivre diversement, mêmement, l’aventure incertaine que domine l’immense sottise contemporaine. Nous l’aperçûmes ensemble, et pour la première fois, dans l’inquiétant miroir du tourne-disque, où se recomposaient déjà ses déchets, malheureusement indestructibles. Nous pûmes lire notre destin dans la moire du disque vierge, comme d’autres dans le marc de café. »
    Pierre Schaeffer à Pierre Henry
    Date 1972
    Collection Textes
  • "Je passe mon temps à aider ma musique.
    Je l'accouche, je la réprimande, je la nourris, je l'habille, je l'excite, je l'emmène en vacances. Je lui donne la vie, mais la vie, d'où vient-elle ? Je donne la vie à des sons électriques complètement morts. Et il y a mieux. 
    Il y a ce qui me passionne maintenant : il y a les effets Larsen. J'ai décidé de ne faire ma nouvelle œuvre qu'avec eux : ma « Deuxième Symphonie », oui, deuxième, parce que la première, c'était la « Symphonie pour un homme seul », et, je vous attends, la « Deuxième » sera créée au Cirque d'hiver le 20 juin, vous vous rendez compte, c'est la première fois qu'on redonne des concerts au Cirque d'hiver depuis le XIXe siècle... Le Cirque d'hiver... Là où Fellîni a fait mourir ses clowns !...
    LA CHAMBRE SOURDE
    Les effets Larsen ! ... J'ai envie d'en parler. Des sons qui s'auto-entretiennent, des sons qui ne subissent que leur propre influence... Pas rebelles, mais fiers... J'en avais déjà attrapé toute une série, il y a vingt ans, dans la chambre sourde des Télécommunications, et ils m'ont fait faire Le Voyage. J'en ai voulu d'autres, plus neufs, et je suis allé au début de l'année à Brest, dans la plus grande chambre sourde d'Europe, celle de Cabasse. Aucune paroi ne réfléchit les sons. Je suis resté des heures à bouger avec un micro dans la main, à gesticuler, à faire vraiment (dans tous les sens) de la, gestation. C'est une musique qui nait à cause des gestes. Des sons très aigus, décervelants ... Des sons rugueux, des sons graillonnants ... Des sons qui pénètrent chaque partie du corps... Il faut se concentrer ; il faut, au risque de perdre l'équilibre, le micro tendu à bout de bras, trouver l'endroit où le son, dans cette chambre, va se donner à vous.
    Aujourd'hui, ça y est : les nouveaux Larsen sont dans ma sonothèque, à côté d'autres boites que je n'ose pas ouvrir car, dedans, il y a des sons vivants comme des êtres, il y a même, j'en suis sûr, la voix de Dieu. D'ailleurs, dans ma sonothèque, il y a tout.
    UNE GROSSE ENTITE
    Et je suis dans mon studio comme le cerveau d'une grosse entité qui se nourrit elle-même et qui n'a plus besoin d'apport extérieur. Je deviens une machine, je deviens une courroie de transmlsslon, mais cette machine n'est pas bête, c'est une machine caustique, une machine grinçante et drôle, c'est le cri d'un corbeau.
    L'autre jour, dans le Boeing qui me ramenait de Montréal (curieux endroit, Montréal : c'est un mélange de Francfort et de Madrid), je me suis dit : « Ta musique a quelques facettes, et ces facettes sont déjà toutes travaillées. » Vous trouvez ça décourageant, d'en arriver là ? Non, non, pas du tout : ça va m'occuper jusqu'à ma mort et, par dessus le marché, je donne un siècle de travail aux autres, aux musiciens futurs, pas à ceux de maintenant qui vont se retrouver Gros-Jean comme devant parce que, ceux-là, de ce qu'ils font, il ne restera que couic : lls travaillent trop pour aujourd'hui."
    Date 1972
    Collection Textes
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